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5 décembre 2023

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Semaine écologie intégrale : deuxième édition haut en couleurs à l’Icam, site de Grand Paris Sud

ÉCOLOGIE INTÉGRALE ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR GRAND PARIS SUD
28 Nov 2023

Les étudiants en 3e année de l’Icam, site de Grand Paris Sud, ont vécu une semaine intense en octobre, centrée sur des thématiques variées telles que la biodiversité, l’énergie, ainsi que les enjeux géopolitiques et socio-économiques liés au changement climatique. Cette immersion a été enrichie par un éventail d’activités comprenant des ateliers interactifs, des débats, des conférences animées par des experts et divers ateliers pratiques.

Laudato Si’ au cœur de deux conférences

La semaine de l’écologie intégrale a été marquée par l’inspiration de Laudato Si’ avec des interventions clés.

Laudato Si’ est une encyclique du pape François publiée en 2015, abordant des questions environnementales et sociales, appelant à une action mondiale pour protéger la planète, lutter contre le changement climatique et promouvoir la justice sociale. Cette lettre apostolique met en lumière l’interconnexion entre l’écologie, l’économie, la politique, la société et la spiritualité, appelant à une conversion écologique et à un changement de mode de vie pour préserver notre maison commune.

Nos élèves en présence de Xavier de Bénazé, père Thomas Chassaing, et une partie de l’équipe Laudato Si du diocèse de Meaux 
Conférence du Père Charles Andriamparany Tiano Rado

Deux conférences inspirées par cette encyclique ont marqué la semaine : la première, menée par Xavier de Bénazé, spécialiste en éco-théologie et transition écologique, plongeait dans la transition écologique avec une dimension spirituelle profonde, tandis que la seconde, animée par le Père Charles Andriamparany Tiano Rado, docteur en philosophie et vicaire du Pôle Missionnaire de Meaux, explorait la conversion personnelle et l’action pour rétablir l’harmonie avec la nature. En parallèle, des étudiants ingénieurs en formation apprentissage ont partagé leurs réalisations concrètes pour le bien commun, issues de leur “Mission Écologie Intégrale” estivale. Ces deux conférences ont offert aux étudiants une perspective enrichie sur leur rôle en tant qu’acteurs du changement écologique ! 

Une semaine riche en activités

Parmi les autres moments forts : une sortie à l’Espace Naturel de la Motte à Moissy-Cramayel pour découvrir la biodiversité en partenariat avec Seine-et-Marne Environnement, la réalisation de l’atelier “la fresque numérique” avec mC2i animée par Thibaut Ruiz, diplômé de l’Icam de Grand Paris Sud en 2022 et consultant en transition numérique chez mc2i, ainsi que la mise en place d’un “atelier 2 tonnes”, un serious game pour comprendre les leviers de réduction de l’impact carbone et passer à l’action. 

Audrey Miclard, Directrice Développement Durable chez Kiloutou, est également intervenue pour partager son expérience sur la démarche Développement Durable au sein de son entreprise, offrant aux étudiants un exemple concret de leur future contribution en tant qu’ingénieurs ou salariés pour agir sur le climat.

De plus, une restitution de la semaine s’est déroulée à travers des activités créatives et artistiques, axées sur la reconnexion à soi à travers les émotions.

En résumé, cette semaine vise à fournir aux ingénieurs Icam les compétences et les connaissances nécessaires pour devenir des acteurs engagés dans un monde en constante évolution ! 

Chaque année, ils auront ainsi l’opportunité d’explorer transversalement cette thématique au sein de leurs enseignements, réfléchissant aux actions actuelles et futures au service de tous.

Nous remercions tous les intervenants pour leur présence précieuse ! 

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[Laudato Si’ en action]   L’aventure familiale d’une conversion au « bio » ; La ferme de Chantemerle
6 février

[Laudato Si’ en action] L’aventure familiale d’une conversion au « bio » ; La ferme de Chantemerle

Le nom est plaisant. Chantemerle, c’est une ferme briarde, située au nord de Coulommiers, sur la commune d’Aulnoy. Ses terres sont cultivées depuis quatre générations par la famille Gobard. Mais Eric l’affirme d’emblée : « il a fallu un alignement de planètes, il y a quinze ans, pour faire le pas ».

A l’époque, Eric et Anne sont sensibles aux recherches alors en vogue sur « le bio » et la santé ; leurs quatre enfants sont en âge scolaire, et Anne souhaite monter un atelier à la ferme, travailler sur son lieu de vie. C’est à ce moment que tombe l’information : une partie des terres cultivées se situent sur une l’aire de captage des eaux qui alimentent les Columériens en eau potable, et l’agriculteur reçoit l’obligation de supprimer 80% des produits phytosanitaires sur 53 ha, soit un tiers de son exploitation. La décision est prise : d’abord passer  l’exploitation en bio, puis assurer la transformation des récoltes de blé et d’épeautre en créant un moulin.

« A l’époque, nous étions quelques pionniers en Seine-et-Marne », se rappelle Eric.

Ce qui m’a convaincu, c’est de voir que tous ceux qui nous parlaient de bio étaient joyeux et enthousiastes. Nous avons donc décidé de nous lancer, d’abord sur les deux tiers de l’exploitation, et très rapidement, sur la totalité de nos terres

Éric gobard

Le bilan après 15 années ? Eric le dresse en tant que croyant et en tant qu’agriculteur : « Mon travail a du sens, de la cohérence. La nature fonctionne dans un écosystème ; les choses ont un sens parce qu’elles ont été créées par Dieu ; si on interfère de façon inconsidérée, on prend la place du Créateur, on dérégule la nature. ». Mais le bilan est plus large : « La question de la cohérence entre mon métier et ma foi est primordiale ; mais il y a aussi une question éthique : produire une alimentation saine, bonne pour nos frères et sœurs en humanité, et en même temps faire du bien à la planète, cela procure une joie intérieure profonde, cela fait émerger ce qu’on porte de plus beau en soi. » L’exploitation familiale  présente le  risque, bien sûr, d’une confusion entre vie familiale et professionnelle, mais le travail en couple est une force pour vivre cette aventure, poursuit-il.

Mais n’y a-t-il pas des risques liés à ce passage d’une agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique ? Selon Eric, ils sont minimes actuellement en raison des aides à la conversion. Bien sûr au départ, le sol doit s’adapter, se reconstituer sans apport d’engrais ; il y a donc une phase délicate de 3 ou 4 ans, durant lesquels les aides à la conversion viennent compenser les pertes. Mais quand la rotation est lancée, l’activité se passe très bien ; elle est même plus rémunératrice. Il faut dire que nous sommes loin d’une culture « d’avant-guerre ». Eric s’inspire de travaux de l’INRA pour établir une rotation précise des cultures sur neuf années, alternant luzerne, blé, lin textile, épeautre, haricots verts, pois, seigle, et sarrasin. Et le matériel est à la pointe de la technologie. Il ne s’agit donc pas de « ressortir les chevaux » !  Et de conclure : « La nature fonctionne très bien, elle a une intelligence qui m’émerveille. Quand je vois les récoltes, je ne dis pas « j’ai bien bossé », mais « merci, Seigneur ! ».

Durant notre rencontre dans la cuisine de la ferme, Anne était surtout occupée à la vente de ses produits au moulin, qui a été aménagé dans une ancienne grange. Pour en savoir plus, rendez-vous sur place, aux jours d’ouverture : les vendredis (9h-19h) et samedis matin (9h-13h). 

https://moulin-chantemerle.fr/

laudatosi@catho77.fr