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Homélie : Ordinations diaconales de Pascal Lemiché et Jérôme Peucelle
Publié le 16/10

"Les diacres, dans le corps, sont signes, par leur vie et leur ministère, de la charité du Christ, signes qui invitent l’ensemble des baptisés à imiter leur maître dans le service des frères. Pascal et Jérôme, le Seigneur vous appelle pour être consacrés à la diaconie de l’Église ; soyez habités par une charité inventive et la simplicité de cœur."

Ordination de diacres permanents du 11 octobre 2020

Première lecture : Is 25, 6-10a
Psaume 22
Deuxième lecture : Ph 4, 12-14. 19-20
Évangile : Mt 22, 1-14

C’est le corps tout entier qui manifeste la charité du Christ

« Fratelli Tutti » - « Tous frères ». Le pape François nous adresse à tous une nouvelle encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale. La méditation du pape est très construite, c’est une œuvre personnelle, dense, stimulée par l’exemple de saint François d’Assise. Elle est comme le prolongement de l’encyclique « Laudato si ». Pendant les mois qui viennent, les années même, nos paroisses, notre diocèse vont vivre avec cet appel « tous frères » et se nourrir de sa réflexion sur l’amitié sociale.

Au cœur de ces ordinations diaconales, il est bon d’être remis devant l’identité de l’Église : être une fraternité ouverte à tous. Une fraternité prophétique qui nous invite chacun à une conversion personnelle. C’est le corps tout entier qui est appelé à aimer comme le Christ. Les diacres, dans le corps, sont signes, par leur vie et leur ministère, de la charité du Christ, signes qui invitent l’ensemble des baptisés à imiter leur maître dans le service des frères. Pascal et Jérôme, le Seigneur vous appelle pour être consacrés à la diaconie de l’Église ; soyez habités par une charité inventive et la simplicité de cœur.

En raison de la pandémie que nous traversons, les mois et les années qui viennent vont être un appel pressant à une charité en actes, d’abord auprès des malades du Covid, envers ceux qui risquent de s’isoler en raison de leur fragilité et aussi envers ceux qui auront besoin de notre aide et de notre proximité. Mais je pense surtout aux conséquences de la crise économique qui va s’ouvrir devant nous. Son ampleur nous est inconnue mais on la devine. Beaucoup sont dès maintenant empêchés de travailler, d’où les conséquences personnelles, familiales, sociales qui vont se déclencher en cascade. Nous devons être au rendez-vous. Nous devons anticiper, accompagner les situations difficiles qui vont apparaître, prendre les initiatives locales et diocésaines qui s’imposeront. Notre réponse est celle d’un corps. Nous n’avons pas beaucoup de moyens, mais nous sommes riches de la diversité de nos personnes, de nos états de vie et de nos vocations. Face à la pauvreté, face aux nouvelles précarités, le plus difficile est souvent de les voir, car souvent elles se cachent. Ensemble, ouvrons les yeux, alertons-nous, échangeons pour évaluer ce qui est le plus adapté de faire. Celui qui est en situation de voir n’est pas forcément celui qui peut apporter le secours nécessaire.

Notre réponse, c’est celle du corps tout entier, que chacun se sente concerné ! Cette mobilisation face aux conséquences de la pandémie et de la crise économique et sociale qui va naître est l’affaire de tous. Bien sûr, vous, les diacres, vous avez une place particulière mais vous n’êtes pas des spécialistes. La charité ne vous est pas réservée. Soyez dans le corps que nous formons comme des aiguillons, un stimulant pour que, tous, nous soyons au rendez-vous du défi qui se présente à nous. Il n’est pas simple de rendre visible cette mission de charité, ce rôle d’aiguillon dans nos liturgies du
dimanche. Nous avons à progresser sur ce point et peut-être aussi à être tous convaincus de cette mission diaconale.

Prêtres, n’oublions pas que nous sommes pleinement diacres ; que, nous aussi, nous sommes ordonnés au service, et que notre charge pastorale nous donne la responsabilité de renvoyer chacun à sa vocation d’être au service de ses frères. En cette période particulière que traverse l’humanité, demandons à l’Esprit Saint de nous éclairer, de voir ce qu’il convient de faire et de nous donner la force de l’accomplir.

Prions avec les mots du pape :

Prière au Créateur
Seigneur et Père de l’humanité,
toi qui as créé tous les êtres humains avec la même dignité,
insuffle en nos cœurs un esprit fraternel.
Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix.
Aide-nous à créer des sociétés plus saines et un monde plus digne,
sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres.
Que notre cœur s’ouvre à tous les peuples et nations de la terre,
pour reconnaître le bien et la beauté que tu as semés en chacun
pour forger des liens d’unité, des projets communs, des espérances partagées.
Amen !

Prière chrétienne œcuménique
Notre Dieu, Trinité d’amour,
par la force communautaire de ton intimité divine
fais couler en nous le fleuve de l’amour fraternel.
Donne-nous cet amour qui se reflétait dans les gestes de Jésus
dans sa famille de Nazareth et dans la première communauté chrétienne.
Accorde aux chrétiens que nous sommes de vivre l’Évangile
et de pouvoir découvrir le Christ en tout être humain,
pour le voir crucifié dans les angoisses des abandonnés et des oubliés de ce monde
et ressuscité en tout frère qui se relève.
Viens, Esprit Saint, montre-nous ta beauté reflétée en tous les peuples de la terre,
pour découvrir qu’ils sont tous importants, que tous sont nécessaires,
qu’ils sont des visages différents de la même humanité que tu aimes.
Amen !

+ Jean-Yves Nahmias
Évêque de Meaux