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38e rencontre nationale des représentants communautés catholiques africaines « Communautés catholiques africaines : devenir famille(s) de DIEU » - Les 13 et 14 mai à Bussy St-Georges
Publié le 08/06

Une première pour notre diocèse ! Nous avons tous vécu cet événement proposé par l’Aumônerie Nationale des communautés catholiques africaines comme un défi pastoral à relever : Accueillir avec cet esprit de famille de DIEU, puisque tel était le thème retenu.

Venus d’Amiens, d’Angoulême, de Bordeaux, d’Île de France, de La Rochelle et de Lille, de Lyon, de Marseille, de Nantes et de Poitiers, des responsables ou délégués de communautés catholiques africaines ont rejoint pour ces deux jours les communautés africaines du diocèse de Meaux - Chelles, Champagne sur Seine, Le Mée, Montereau, Meaux, St Colomban, Torcy et bien sûr Bussy St-Georges. Quelques jeunes de l’aumônerie africatholique de France ont participé également à ces deux jours.

Le cheminement proposé pour cette rencontre "Communautés catholiques africaines : devenir famille de DIEU", avait été pensé comme un trait d’union entre la vie familiale et la vie pastorale des membres des communautés africaines une invitation à grandir en humanité en répondant à cet appel du Christ à un regard miséricordieux et bienveillant envers nos frères et soeurs.

Le père Jean-Philippe Mouflard, aumônier diocésain du Secours Catholique avait été appelé pour conduire cette réflexion avec le père Paul Quillet, aumônier de l’aumônerie nationale des ctés africaines, à partir de leur relecture de l’exhortation apostolique du pape François « Amoris Laetitia ».
Des paroissiens ont contribué à la réussite de la rencontre en accueillant chez eux des participants comme on reçoit des parents.
La messe d’envoi du rassemblement était la messe dominicale présidée par Mgr Nahmias et animée par les communautés africaines du diocèse pour qu’ainsi toute la communauté paroissiale soit associée à la dynamique du week-end.

Le repas du dimanche midi, largement ouvert à tous, était préparé par « Chrétiens du Monde » et des communautés d’Île de France, communauté catholique africaine de Bussy St-Georges

Quelques idées fortes de la rencontre
Les difficultés rencontrées par les familles d’origine africaine, en France sont multiples : fracturation de la structure familiale due à la migration, difficultés de transmission aux jeunes dans ce pays d’accueil sécularisé, manque de repère dans une façon différente de vivre la foi, etc. Les familles, aujourd’hui, ont aussi plusieurs visages ; les communautés catholiques africaines sont interpellées et appelées à devenir toujours davantage famille de DIEU ; famille dans laquelle chacun a sa place et se sent aimé.
Le pape François nous révèle la grandeur de ce qu’on vit en famille et comment Dieu le père, nous accompagne et nous ouvre des chemins pour grandir en humanité pour former une grande famille : la famille de DIEU. Comment les communautés chrétiennes africaines vont-elles répondre à ce défi et s’engager sur ces chemins ?

« Vos vies de famille sont
passionnantes.
Dans le mot passionnant, il y a le mot Passion »
La famille est aujourd’hui traversée par des problèmes graves et par des richesses nouvelles dans tous les continents ; et c’est dans ce contexte que le pape François rédige cette exhortation apostolique Amoris Laetitia ; la Joie d’aimer.
Regardons pourquoi aimer est une joie, en regardant le réel de nos vies : voir nos familles comme une chance pour rencontrer le Seigneur.
« Ta différence peut être une chance pour tous ceux que tu vas rencontrer »
- Vous arrivez chacun avec votre histoire et c’est dans cette histoire-là que DIEU vient vous rencontrer. L’Église, c’est vous et le Seigneur vous aiment cabossés et avec votre gloire.
On n’est plus dans une Église qui donne des leçons de morale, mais dans une Église, hôpital de campagne, où chacun, chacune peut se retrouver en disant « j’ai besoin d’être soigné ».
Dans l’Evangile, Jésus est toujours en chemin. Nous sommes appelés à redécouvrir cette notion de chemin dans une société dans laquelle on voudrait une fécondité immédiate.
Les petits pas ont parfois plus de valeur que les grands … Quel pas puis-je faire sans tout chambouler pour signifier ma sincérité ? C’est une question difficile car nos histoires sont difficiles.

Le pape François nous invite fortement à un discernement pastoral pour comprendre, pardonner et intégrer… il nous appelle à l’affection et à la sérénité pour rejoindre les périphéries existentielles des personnes que nous côtoyons :
voir les situations familiales, non comme des occasions d’exclusion mais comme des lieux d’accompagnement, d’apprentissage, d’accueil, de pardon, de ressourcement où la grâce de DIEU est abondante, lieux où quelque chose de nouveau qui grandit de cet Amour de DIEU, quelque chose de gratuit, d’inattendu qui révèlent un nouveau visage de l’amour de DIEU pour toute l’humanité.
"Aimons-nous dans nos différences, alors du chemin va jaillir le bonheur."
Dans toute forme de vie familiale, que ce soit une maman qui vit seule avec ses enfants, une famille recomposée, les nouvelles forme de famille que l’on a du mal à accepter, du moment qu’il y a des relations d’amour, DIEU est présent !
Comment va-t-on prendre le temps de contempler ce qui se vit dans ces situations-là ?
La notion de fécondité de la famille décrite dans le texte non seulement comme la capacité à avoir des enfants mais aussi la capacité pour une famille à ne pas s’enfermer sur elle-même, la capacité à déployer l’amour familial au-delà du petit cercle, papa, maman, enfants : penser aux aînés, aux cousins, aux amis… jusqu’au monde entier…

« Vous, africains, vous avez des choses à nous apprendre à nous, européens sur cette solidarité familiale. Vous avez une responsabilité humaine entre vos mains : celle de la paix dans le monde, une paix à bâtir au jour le jour dans vos quartiers... »

Devenir Famille de DIEU
« Nous, européens, nous avons tendance à penser tout le monde selon le même modèle. Or les histoires de chacun sont très différentes et souvent très compliquées. Aidez-nous à comprendre comment vous vivez votre foi de croyant en Jésus-Christ ressuscité malgré la complexité de vos situations.
Quelle que soit la situation, chacun a sa place dans l’Église. Il faut nous aider à entrer dans la complexité de l’histoire de l’humanité. Montrez-nous que l’on peut faire communauté en intégrant la complexité de la pâte humaine. »
Que nos communautés paroissiales soient composées de gens de couleurs différentes comme l’arc-en-ciel, c’est prophétique ! C’est porteur de l’Évangile.

Pour vivre en vraie famille de DIEU, il y a une place à donner à la Parole de DIEU, à la prière et aux sacrements.
C’est la source qui irriguera des signes de fraternité : solidarité, accueil, écoute, pardon… en particulier le sacrement de réconciliation et le partage de l’eucharistie.
« Vous avez, vous, communautés catholiques africaines à nous apprendre à rendre plus vivante nos liturgies ; vous avez le don de savoir prier avec votre corps et avec tout ce que vous êtes. »

On a évoqué les périphéries : aller vers les personnes différentes, les malades, les migrants ; être acteurs de diaconie en rejoignant les services diaconaux de notre Église.

« Notre Père »
Dans une société où chacun a tendance à utiliser la 1ère personne du singulier, dire « notre », c’est dire notre conscience qu’on se reconnait frères et soeurs et cela nous renvoie à une coresponsabilité entre nous et vis-à-vis des autres. « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». En quoi suis-je responsable de nos frères ?
« Notre Père » : dans une société où chacun a tendance à s’approprier les choses, c’est prendre conscience que DIEU fait partie du bien commun. Nous sommes appelés à une solidarité entre nous mais aussi au monde (ex : engagement au CCFD-Terre Solidaire)

"Dans votre tradition africaine, vous êtes attachés à la transmission des valeurs familiales et de la foi par les aînés à vos jeunes." a rappelé Mgr Nahmias dans son homélie, le dimanche, "Il faut aujourd’hui penser la famille comme une communion de personnes vivant de l’Esprit Saint, un lieu d’apprentissage pour grandir pour chacun de ses membres.

Créez dans vos familles ce climat de liberté et d’ouverture de l’âme à l’Esprit-Saint pour que chacun puisse répondre à cet appel à devenir comme le Christ des serviteurs de nos frères."