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Messe avec le sacrement des malades
Publié le 08/07

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! Chers frères et sœurs, à quelle parole Marie a-t-elle cru ? Vous le savez déjà et nous le méditons jour après jour, en particulier en reprenant son cantique d’action de grâce. Elle a accueilli l’annonce de l’ange Gabriel : la venue en elle du Fils de Dieu prenant la condition humaine. Devenant servante de celui qui a pris la condition de serviteur, comme dira plus tard l’apôtre Paul, elle a reçu la révélation que rien n’est impossible à Dieu en pensant à Elisabeth, sa parente, qu’on appelait « la stérile » et en se précipitant auprès d’elle pour la soutenir dans l’attente de son enfant. Rencontre touchante, émouvante, merveilleuse, de deux mères, porteuses plus que toutes les autres d’un don de grâce exceptionnel dont Dieu a le secret et que la foi nous révèle.

Chers amis, frères et sœurs pèlerins, vous savez par expérience que la maladie, la nôtre ou celle d’un proche, peut cacher dans un premier temps cette perception de foi qui nous fait reconnaître le don de Dieu. Dans la vie sociale qui met en avant les apparences, notamment par les messages publicitaires, nous risquons souvent de ne pas prêter attention au faible, à l’isolé. Et pourtant « le serviteur a poussé comme une plante chétive, sans apparence ni beauté qui attirent nos regards » (Is 53, 2). La Parole de Dieu annonce de façon prophétique un serviteur souffrant par lequel Dieu accomplit son œuvre de salut, à l’opposé d’un messie triomphateur et dominateur qui ferait mourir tous ses ennemis. Saint Paul lui-même le dira fortement : « Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort, ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise ; voilà ce que Dieu a choisi, ce qui n’est pas pour réduire à rien ce qui est. » (1 Co, 22-28). Et encore, dans la lettre aux Hébreux : « Nous n‘avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout d’une manière semblable, à l’exception du péché. » (He 4, 15).

Chers amis, frères et sœurs, notre foi en Jésus, visage de la miséricorde du Père, nous fait dire que Dieu comble de biens les affamés. Il se souvient de son amour, de sa miséricorde, inlassablement. Quels que soient nos peines, nos souffrances, nos handicaps, et même nos péchés, le regard du Seigneur sur chacun de nous est le regard aimant et juste de notre Créateur et sauveur. Nous le prions en cette messe et en ce sacrement des malades que nous allons célébrer pour plusieurs d’entre nous. Nous le prions par l’intercession maternelle de la Vierge Marie d’apaiser, de soulager nos frères et sœurs malades, en particulier ceux qui vont recevoir ce sacrement. Oui, demandez à Jésus qui est venu porter nos souffrances et se charger de nos douleurs, la guérison. D’abord celle de votre esprit et de votre cœur pour que la foi y ait toute sa place, une foi qui éclaire et qui réchauffe. Pour que votre corps aussi ressente le réconfort qui vient de cet attachement au Seigneur. Avec sainte Bernadette, elle-même faible et malade au moment des apparitions, comme elle le sera encore au couvent Saint-Gildas de Nevers jusqu’à sa mort, recevez frères et sœurs une confiance renouvelée au Christ, en celui qui s’est fait proche en partageant notre souffrance et notre mort pour que nous ayons part à sa gloire.

Ô Marie, humble servante du Seigneur, veille sur nos frères et sœurs malades, remplis leur cœur de confiance en Jésus le sauveur, que l’Esprit Saint leur donne la force dans la faiblesse, comme l’a éprouvé saint Paul : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10). Lui qui nous dit : « Je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom. Qu’il daigne, selon la richesse de sa gloire, vous armer de puissance par son Esprit pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinés, fondés dans l’amour. » (Ep 3, 14-17).

Amen.
P. Michel Henrie


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