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Homélie - Messe sur le tombeau de saint Jean-Paul II
publié le 23/09/2015

Pèlerinage des séminaristes et du service des vocations, Rome (23-29 août 2015)

Des prêtres au service d’un peuple saint

Homélie de la messe sur le tombeau de saint Jean-Paul II
(extraits)

- Jeudi 27 août 2015 -

Première lecture : Ex 19, 2-6a
Psaume 99 (100)
Evangile : Mt 9, 36 ; 10, 1-8

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Mt 9, 37-38). Permettez-moi de commencer cette homélie par un souvenir personnel. Ce n’est pas mon habitude, mais je fais une exception. Comme beaucoup, j’ai rencontré plusieurs fois le pape Jean-Paul II. Je n’imaginais pas qu’un jour il m’adresserait la parole et que j’aurais à l’écouter – à bien l’écouter ! J’étais alors tout jeune chanoine de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Lors des JMJ de 1997, juste avant la béatification de Frédéric Ozanam, le pape a salué les chanoines qui étaient tous beaucoup, beaucoup plus âgés que moi. Arrivé à mon niveau, avec beaucoup d’affection, le cardinal Jean-Marie Lustiger me présente à lui en précisant que j’étais chargé de la formation des séminaristes. Jean-Paul II se met donc à me parler, mais comme il y avait un fort bruit de fond et que son élocution commençait déjà à être difficile, je n’ai pas saisi tous les mots, mais j’ai compris le sens. Avec une forte insistance, à deux reprises, il m’a dit : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. ». De plus en plus, je comprends la justesse de son insistance, particulièrement depuis que je suis évêque et plus encore depuis que je suis évêque de Meaux.

Je voudrais ce matin, avec vous, méditer à partir de cette prière qui nous guide tout au long de ce pèlerinage. Il me semble naturel que devant sa tombe, je prie saint Jean-Paul II pour qu’il intercède afin que nous ayons des vocations et nous le faisons à partir de sa propre prière : « Père très bon, dans le Christ ton Fils, tu nous révèles ton amour, tu nous embrasses comme tes fils et tu nous offres la possibilité de découvrir dans ta volonté les traits de notre vrai visage. Père saint, tu nous appelles à être saints, comme toi-même es saint. Nous te prions de ne jamais cesser de donner à ton Eglise qui est à Meaux des ministres et des apôtres saints qui, par la parole et les sacrements, ouvrent le chemin de la rencontre avec toi. Père saint, donne-nous ces prêtres dont nous avons tant besoin. Amen ! »

« Père très bon » : nous adressons cette prière pour les vocations avec confiance en ce Dieu qui est bon, et nous sommes tout de suite à l’unisson de la prière du Fils, « Abba, Père ». « Dans le Christ ton Fils, tu nous révèles ton amour » : de même, la prière pour les vocations s’inscrit dans cette mémoire constante, dans cette action de grâce, dans ce que Dieu nous révèle – son amour –, cet amour que nous comprenons dans le Christ, en particulier dans le don qu’il a fait de sa vie pour que nous ayons la Vie, la croix du Christ. « Tu nous embrasses comme tes fils » : des mots audacieux qui disent l’affection du Père envers nous et son immense proximité. La prière pour les vocations s’inscrit donc dans la confiance filiale, dans la confession de sa miséricorde et de sa tendresse. « Et tu nous offres la possibilité de découvrir dans ta volonté les traits de notre vrai visage » : le mot « possibilité » signifie que cette découverte est ouverte à l’engagement de notre liberté et à notre écoute. Heureux sommes-nous si nous entrons dans la contemplation de la révélation de l’amour de Dieu dans le Christ. Nous découvrons-là dans la volonté de Dieu, les traits de notre vrai visage, à quelle destinée, à quelle vocation nous sommes appelés. Je crois en effet qu’on ne peut recevoir une vocation en se regardant soi-même, mais en contemplant le projet de Dieu pour nous. En comprenant son regard particulier nous comprenons, chacun d’entre nous, l’ambition de Dieu pour nous-mêmes, et donc notre vocation à être des fils et des filles de Dieu. Cette prière pour les vocations ou ce pèlerinage, ne peuvent porter de fruits que dans ce décentrement qui nous révèle à nous-mêmes, qui nous révèle notre propre destinée, notre propre grandeur, notre propre visage. Ce décentrement est le fruit de la confiance filiale, de l’expérience de l’amour que Dieu me porte personnellement. « Père saint » : après avoir confessé la bonté de Dieu, nous confessons sa sainteté et aussitôt nous comprenons à quelle vocation nous sommes appelés. « Tu nous appelles à être saints, comme toi-même es saint » : la prière pour les vocations s’inscrit ainsi dans notre appel à la sainteté et, dans une certaine manière, dans l’adhésion de celui qui la prononce à devenir saint à la suite de Jésus Christ, à accueillir la puissance du Sauveur pour qu’il fasse de nous des saints. « Nous te prions de ne jamais cesser de donner à ton Eglise qui est à Meaux des ministres et des apôtres saints » : par cette prière, nous confessons que Dieu donne des pasteurs selon son cœur pour accompagner son peuple. « Ton Eglise qui est à Meaux » : nous ne prions pas seulement pour maintenant, bien que notre époque accentue le sentiment du manque de prêtres, mais nous nous inscrivons dans la prière de l’Eglise particulière qui est à Meaux. Action de grâce pour les ministres donnés, saints évêques, saints prêtres ; prière pour maintenant, pour demain, pour les siècles des siècles ; prière pour notre Eglise diocésaine. Nous prions aussi pour les prêtres d’aujourd’hui, pour que Dieu nous donne des prêtres pleinement donnés dans la charité pastorale. Nous prions aussi pour les séminaristes d’aujourd’hui, afin que Dieu mette sur leur route des frères qui les soutiennent dans leur marche vers l’ordination, et aussi pour qu’eux-mêmes, pendant leur formation, se rendent disponibles à l’action de l’Esprit Saint, à l’unification de leur personne dans le Christ. Nous prions également pour les jeunes hommes qui ont entendu l’appel du Christ à le suivre et à donner leur vie pour annoncer l’Evangile, afin que Dieu suscite autour d’eux un tissu ecclésial vivant qui les porte et qu’ils trouvent, chacun, la force intérieure d’engager leur liberté dans le don d’eux-mêmes. Est-il exagéré de prier seulement pour notre propre diocèse ? Il faut avoir l’audace d’incarner notre prière pour notre Eglise particulière, mais en même temps, lorsqu’on présente à Dieu cette demande, elle s’élargit à l’ensemble de l’Eglise universelle, et aussi plus spécialement à notre région apostolique, l’Ile-de-France. Notre prière espère une réponse généreuse de Dieu pour notre diocèse et pour toute l’Eglise.

« Des ministres et des apôtres saints » : nous ne demandons pas seulement des prêtres, mais des prêtres saints pour guider un peuple appelé à la sainteté. D’une manière très concise, saint Jean-Paul II va donner une belle définition des prêtres « qui, par la parole et les sacrements, ouvrent le chemin de la rencontre avec toi » : un prêtre n’invente pas sa pastorale, il l’inscrit dans la fidélité à la Parole de Dieu et à ce que Dieu veut donner à travers ses sacrements. « Ouvrent le chemin de la rencontre avec toi » : oui, nous sommes là pour permettre la rencontre des fidèles et de ceux qui ne connaissent pas le Christ avec Dieu le Père. En cela, nous sommes associés à la mission du Fils, conduire au Père. Une parole de l’exhortation Pastores dabo vobis de Jean-Paul II m’a toujours marqué. Il compare les prêtres à des ponts qui vont permettre de passer un torrent, une rivière ou un fleuve, c’est-à-dire passer sur la rive de la foi et rencontrer le Christ, rencontrer Dieu le Père. Pour cela, il y a comme une nécessité pour le prêtre d’accepter, avec chasteté bien sûr, que le fidèle ou celui qui découvre le Christ puisse s’appuyer sur son humanité et sur sa foi. Il doit aussi, dans sa charité pastorale, comprendre que, lorsque le pont est passé il n’est plus utile. Ainsi, nous avons à engendrer dans notre ministère des hommes et des femmes libres qui pourront par eux-mêmes, debout, rencontrer le Dieu vivant. « Père saint, donne-nous ces prêtres dont nous avons tant besoin » : la prière que saint Jean-Paul II nous donne, comme je viens de l’éclairer, montre bien que nous avons besoin de prêtres pour un peuple saint, pour que les baptisés soient fidèles à la sainteté de leur vocation. Nous ne disons pas « Donne-nous les prêtres dont nous avons tant besoin pour le fonctionnement de l’Eglise », car il n’y en pas assez pour toutes nos activités ! Non, la demande s’inscrit dans la vocation à la sainteté du peuple de Dieu comme nous l’avons entendu dans la première lecture : « Vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. » (Ex 19, 6a). Alors que le Seigneur exauce notre prière. Qu’il fasse de ses prêtres, en particulier ceux qui sont à Meaux, des saints. Et qu’il appelle parmi les jeunes de notre diocèse, des jeunes hommes prêts à donner leur vie pour devenir des saints au service d’un peuple saint.

Dans le texte de l’Evangile de Matthieu que nous venons d’entendre, après nous avoir invités à prier avec force pour les vocations, le Seigneur choisit et envoie les apôtres en mission. La longue énumération de leurs prénoms nous enseigne que Dieu nous connaît par notre prénom. Ce sont des personnes connues et aimées qu’il appelle et envoie. Cette vérité est un encouragement pour vous qui, aujourd’hui, mobilisez tout votre être pour répondre à son appel. C’est soutenus par son amour et sa miséricorde que nous avons la force et la confiance de dire oui.

« Père très bon, donne-nous ces prêtres dont nous avons tant besoin. » Frères, avec foi, croyons que Dieu va exaucer généreusement notre prière pour les vocations en Seine-et-Marne.

Amen.

+ Jean-Yves Nahmias
Evêque de Meaux


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